C’est aussi bien l’emplacement des premiers baraquements militaires français que celui de la forteresse byzantine.
Là, fut construite « Guelma de la décadence » selon Duvivier, quand les habitants résolurent de bâtir une nouvelle place de guerre, une nouvelle forteresse qui pût leur donner refuge... et pour la construire plus vite et à moins de frais, ils employèrent tous les matériaux de l’ancienne Guelma, qu’ils démolirent en entier. Les pierres de tous les anciens monuments, sculptées ou non, marbre ou calcaire commun, ne furent considérées que sous le rapport de leurs dimensions pour les assises à construire. Les voussoirs des anciens arcs de temple, des aqueducs ou des constructions particulières furent également mélangés entre eux, suivant les arceaux à établir dans les flancs et dans les portes». En remarque annexe, notons que « cette seconde Guelma n’avait pas de trace d’anciennes maisons construites dans son intérieur. Elle paraît, en outre, avoir été établie sur la nécropole de la première ».

Pour Grellois, c’est le castellum, ou citadelle. Cette partie et la ville proprement dite « étaient contiguës et reliées entr’elles par un mur d’enceinte qui servait à la défense commune. Cependant une muraille épaisse séparait l’une et l’autre, de sorte que le caslellum pouvait, non seulement veiller à la sûreté de la ville, mais encore se défendre isolément, si celle-ci était au pouvoir de l’ennemi ».
« Ce castellum, situé au sud, occupait la partie la plus élevée du plan légèrement incliné sur lequel s’étendait la ville. »
Dans la muraille (dont la longueur mesurait 278 m, la largeur 219 et l’épaisseur 3 m environ) était placée une inscription sur laquelle on lisait le nom de Solomon. L’ouvrage est donc contemporain ou postérieur à ce général byzantin. Toutefois, le cachet de l’époque romaine se voyait sur toutes ses fondations et la partie de ses murs situés au S.O.
Douze tours occupant les angles ainsi qu’une porte en forme de voûte en plein cintre, vers l’emplacement de l’actuelle porte de Souk Ahras vraisemblablement, ont été retrouvées par les Français en 1836. L’enceinte, moyennant de légères restaurations, a servi à la protection de leur premier camp. Ses dimensions et sa forme ont été, dans l’ensemble, conservées dans le plan des travaux définitifs surtout dans les parties donnant, actuellement, sur l’avenue du 1er novembre et le square Séridi Mustapha.
Le plan établi par Ravoisié indiquant le noyau du village de Guelma au 19e siècle, montre, principalement, les différentes installations militaires et le modeste alignement des 16 premières demeures qui allaient former ce qui est devenu la rue d’Announa. La plupart des chemins partaient de la porte Hackett qui existe toujours et qui s’ouvre à l’embranchement de la rue Slimani Amar avec l’avenue du 1er novembre.
Désormais, au centre de la ville, le périmètre en question est bordé par le square précité au NE, l’avenue sus-mentionnée également au NO, l’APC et la Sonelgaz respectivement au SE et à l’Est et enfin la rue Bouacha Mabrouk au SO. A l’intérieur ont été installés, après modification des constructions de ce qui était devenu l’Ecole des cadets de la Révolution pendant quelques années, notamment la banque de développement local, Air Algérie, le lycée du 1er novembre, le tribunal, les douanes, la médecine du travail, une annexe de la cité universitaire, une aire de vente pour des marchands ambulants, des médecins et architectes, les parcs de l’APC et de l’EPIDEMIA, des associations sportives etc.
L’enceinte abrite également les vestiges des thermes romains et une stèle commémorant le cinquantenaire du 8 mai 45.
Après son agrément par la commission wilayale compétente, le dossier se rapportant à l’enceinte de l’ancienne caserne compte parmi ceux dont la délégation de Guelma a pu obtenir le classement par la commission nationale lors de sa session du 26 juillet 1998.
M.-L. GASMI