De création récente, il contient les collections qui séjournaient, depuis 1904, dans l’ancien square de la ville et dont le transfert, survenu au début des années 2000, vise leur protection dans un lieu plus sûr ayant une clôture qui ferme, le 1er endroit étant devenu une voie de passage pour les uns et des allées de rencontre ou de séjour pour les autres, pendant plus de 20 ans.
On y trouve donc des inscriptions, des statues de divinités et d’autres, des piédestaux, des éléments d’architecture, des chapiteaux, des monuments funéraires, etc.
Deux textes épigraphiques rappellent les nombreuses trouvailles en matière d’inscriptions libyques dans la région de Guelma qui était très riche dans ce domaine.
Les inscriptions puniques ne figurent pas dans cet endroit car elles proviennent également de tout près ( principalement du site envahi désormais par les habitations du hameau HARIDI Saïd ).
L’épigraphie latine, par contre, est abondante. Contentons-nous des 7 échantillons suivants :
1/ L’épitaphe de 24 lignes reconnaissable grâce à la guirlande de fleurs qui la surmonte en forme de deux boucles collées ou d’un grand « w » arrondi. La 1e ligne commence par les trois lettres des textes funéraires païens « D.M.S. ». En fait, c’est une inscription en vers qui provient de M’daourouch, ville de savoir et d’études, dont les ruines ont fourni beaucoup d’épigraphies de style métrique. Le monument est dédié par deux frères AEMILIUS Aquilinus et Barbarus à leur père M. AEMILIUS Flavianus et à leur mère JULIA Setina.
2/ La base en marbre contenant neuf lignes gravés dans un cadre. La hauteur est de 80 cm. Provenance : forum d’Announa. C’est le n° 18905 du « Corpus des inscriptions latines » et le n° 4673 des « Inscriptions latines de l’Algérie ». C’est une dédicace du praeses de Numidie Valerius Paulus à l’empereur Constantin. Le monument est daté des années 313-314. Lire les trois premières lignes ainsi : Imp(eratori) Caes(ari)/ Flavio Valerio/ Constantino/...et la septième ligne de la manière suivante : Val(erius) Paulus, v(ir) p(erfectissimus), p(raeses) p(rovinciae) N(umidiae)...
3/ La base de 124 cm de hauteur, trouvée également à Thibilis, toujours dans le forum. Elle est en beau marbre blanc ayant des reflets. La gravure, exécutée dans un cadre mouluré, est très harmonieuse. Comportant onze lignes, le texte est un hommage des héritiers de Q. Julius Libo(4e et 5e lignes) à Bonus Eventus ( 1e et 2e lignes) qui est associée à Fortune, toutes deux, divinités abstraites. Le coût du monument, soit cinq mille sesterces, est indiqué dans les deux dernières lignes.
4/ Les mensae proviennent de M’daourouch. Le nom de cette catégorie de monument funéraire est celui du mot latin signifiant table. Leur forme rectangulaire se rapproche toutefois du carré pour deux d’entre elles. Le texte de l’épitaphe est inscrit dans un grand cercle situé au milieu du quadrilatère, les quatre angles de celui-ci recevant des dessins gravés ou même creusés. Dans le cas de Flavius Aventius, ( texte de cinq lignes), il n’y a que deux écuelles occupant les angles inférieurs. Les décorations des coins du cadre, dans une mensa, peuvent être des fleurons, des vases, des écuelles, des patères, des aiguières, des plats destinés à contenir symboliquement de la nourriture. Le cercle entourant le texte peut être sous forme de couronne de feuillages. La pierre utilisée est souvent moulurée.
5/ La base de calcaire, dont la hauteur est de 99 cm, est une inscription livrée par les fouilles des ruines de M’daourouch. Elle rend hommage aux deux empereurs, Septime Sévère (193-211) et son fils Marcus Aurelius Antoninus BASSIANIUS, surnommé Caracalla (211-217). Le nom de Géta (qui partagea le pouvoir avec son frère précité qui le fit exécuter) est martelé mais on peut lire les caractères le concernant. Le début du texte est restitué de la manière suivante : Pro sal(u)te/ Imperatorum Cae/ sarum L. Septimi/ Severi Pii Pertinacis/ Aug(usti), p(atris) p(atriae), Arab(ici), Adiab(eci), Part(hici)/ max(imi), p(ontificis) m(aximi), et M.Aure/ li Antonini Aug(usti), Pii F(elicis), p(ontificis) m(aximi),/ p(rincipis) j(uventutis) et P. Septimi Getae...
6/ Signalons, sans donner trop de détail, la base de statue qui doit provenir de M‘daourouch aussi et qui porte, dans un cadre mouluré, une dédicace en l’honneur des deux empereurs Antonin le Pieux (138-161)et Marc Aurèle (161-180), d’une dizaine de lignes.
7/ Nous terminons l’épigraphie par un texte de Guelma sur un autel qui portait une statue érigée par un magistrat municipal, Vibius Saturninus, à Hercule qui a été identifié à Melkart phénicien.( Ce dernier était en honneur aussi bien à Guelma que dans la région ). Ravoisié et Delamare avaient, chacun, reproduit le monument en question.
En matière de statuaire, citons seulement six exemples, tous en marbre blanc :
1/ Commençons par la statue de Diane chasseresse, trouvée lors des fouilles du début du 20e siècle à Khamissa et plus exactement dans le nymphée où la Medjerda prend sa source. Si nos exemples, à l’exception d’un seul cas, n’ont pas malheureusement de tête, la déesse n’a aucun membre non plus. Toutefois le travail de sculpture est d’une bonne facture. Mais les traces de la biche ne sont pas évidentes.
2/ La statue représentant un Esculape, aussi mutilé que l’œuvre précédente, est de Guelma. La hauteur de ce qui reste mesure 132 cm. Le sculpteur a représenté le dieu sous un corps robuste ayant une poitrine vigoureuse. Le dos, comme partout ailleurs, n’est pas l’objet de soins particuliers, car les statues sont conçues pour être placées contre un mur. C’est dans les établissements thermaux qu’on trouve cette divinité ainsi que la suivante, sa parèdre.
3/ La divinité, Hygie, associée au culte et aux fonctions de la précédente, porte une tunique aussi longue qu’elle lui couvre les pieds. Les demi-manches sont à crevés. Jeté sur le dos, le manteau dont on devine le dessus et qui couvre les épaules, a une partie apparente, à l’avant, laissant, toutefois, voir aussi bien le cordon entourant le corps et relevant les seins que la main tenant le serpent. Elle vient de M’daourouch.
4/ La statue colossale ( 203 cm) de Fortune dont on a ramassé les nombreux morceaux à M’daourouch. Parmi les parties qui manquent, la moitié droite de la tête. Les traces de la corne d’abondance sont visibles du côté du bras gauche. Le travail des plis de la robe et du manteau est acceptable.
5/ La seconde statue de Fortune dont l’épaule droite et le haut de la poitrine sont à découvert, a été trouvée à Guelma, sans la tête ( hauteur : 130 cm). Ici, la divinité n’ a pas le cordon qui enserre le corps sous les seins. A l’instar de la précédente, elle portait, du bras gauche, la corne d’abondance et avait un autre attribut, la pale du gouvernail, que le bras droit commandait.
6/ Terminons par le plus beau travail. La statue, outre une longue robe qu’elle porte, est drapée dans un manteau lui couvrant les différentes parties du corps. L’allure, qui est imposante, représenterait une femme romaine en Pudicité. La sculpture des plis des vêtements est très remarquable.
Les types de chapiteaux sont innombrables. Les différents ordres sont représentés .
Le jardin archéologique contient, enfin, d’autres catégories de pièces qu’il serait long d’énumérer.
M.-L. GASMI